Avoir un esprit critique face au phénomène Momo et autres défis viraux

Un nouveau défi viral sème l’inquiétude chez les parents. Momo a fait la manchette pour la première fois l’été dernier, puis est récemment réapparu dans les médias, à la suite d’avertissements lancés par des écoles au Royaume-Uni à propos d’un personnage macabre et du défi viral qui l’accompagne. On ne parle désormais plus que de ce phénomène, et la couverture médiatique ne fait qu’inquiéter encore plus les parents sur le type de contenu qu’on trouve en ligne. La popularité de Momo a aussi pour effet d’éveiller des craintes chez les enfants.

Momo, c’est quoi? Faut-il vraiment s’en préoccuper?

Momo est un sombre personnage. Il a une tête de femme à la peau diaphane, de longs cheveux noirs, les yeux exorbités et une horrible grimace en guise de sourire. La « chose », qui a un corps rappelant un oiseau, fait peur à coup sûr. Elle inciterait, dit-on, les jeunes à se prêter à un défi viral.

Dans le cadre du « Défi Momo », on entre en communication avec les jeunes en ligne, notamment par l’intermédiaire de jeux, de l’application WhatsApp ou de vidéos YouTube, puis on les invite à composer un numéro. Une fois que les jeunes sont entrés en contact avec Momo, le personnage terrifiant leur ordonne de réaliser une série de défis de plus en plus dangereux, allant jusqu’au suicide. Momo aurait même menacé de représailles ceux qui ne se conforment pas à ses demandes, ce qui peut être troublant pour les jeunes qui se laissent impressionner facilement et leurs parents.

On se demande si le Défi Momo est bel et bien réel et s’il est à l’origine de comportements dangereux, voire de conséquences funestes. Selon le site web Snopes, qui se spécialise dans la vérification des faits, il pourrait s’agir d’un canular. Or, tout le battage entourant Momo pourrait suffire à instiller la peur chez les jeunes.

Les jeunes, la peur et les médias

Souhaitons que votre enfant n’ait pas eu – et n’aura pas – connaissance du Défi Momo. Mais s’il devait tomber sur ce type de contenu en ligne ou en entendre parler, il est important d’en discuter avec lui, de dissiper ses craintes et de ne pas prendre ses émotions à la légère. Lorsqu’il est question de contenu en ligne intimidant ou effrayant, vous devez vous montrer aussi attentif et prévenant que si vous tâchiez de le convaincre de l’absence de monstre en dessous de son lit. Évitez de minimiser l’importance de ce qu’il ressent. Ainsi votre enfant saura qu’il pourra se tourner vers vous à l’avenir lorsqu’il sera préoccupé.

On recommande toujours aux parents de jeunes enfants de vérifier le contenu auquel ceux-ci ont accès ou de s’asseoir à côté d’eux pour superviser le temps passé en ligne.

Si votre enfant est plus vieux et plus susceptible d’avoir au moins entendu parler du défi viral, vous pourriez lui expliquer les origines de Momo – un personnage créé par un studio d’effets spéciaux japonais. Vous pourriez aussi parler de la différence entre la réalité et la fiction. ll est toutefois plus facile d’aborder la peur de façon rationnelle avec les plus vieux. Apprenez-en plus sur la peur et les médias sur le site web HabiloMédias ou lisez les conseils de la Société canadienne de pédiatrie sur l’art de « dompter les monstres ».

Parler des défis viraux aux enfants

Le Défi Momo permet de rappeler aux parents qu’il est important de discuter régulièrement avec leurs enfants d’Internet, des médias sociaux et même des défis viraux dont ils pourraient entendre parler. Conscientisez vos enfants au fait qu’ils peuvent ressentir de la pression de la part de leurs camarades. Rappelez-leur qu’ils ne devraient jamais se sentir obligés de faire quelque chose (en ligne ou ailleurs) qui les met mal à l’aise.

Je me rappelle qu’à l’école, les enfants se racontaient des histoires de peur sur « Marie la Sanglante ». Nous nous mettions au défi d’aller aux toilettes, d’éteindre les lumières, de fermer la porte et de répéter trois fois « Marie la Sanglante », puis de raconter ce qui s’était passé. Aujourd’hui, les défis de la sorte se multiplient rapidement en raison des médias sociaux, et il est facile de les partager en ligne et d’y décrire sa propre expérience. Il est donc important d’en discuter avec les jeunes.

Dans certains cas, les défis viraux s’avèrent des outils de sensibilisation et génèrent des retombées sociales positives, ou sont tout simplement un moyen de s’amuser sans danger, comme le défi du seau d’eau glacée de la SLA et celui des mannequins. Mais dans d’autres circonstances, ces défis peuvent mettre les jeunes en danger. Souvenez-vous des récents exemples du défi consistant à croquer une capsule de détergent à lessive, du défi de la baleine bleue ou de ceux inspirés du personnage Slender Man et du film Bird Box. Malheureusement, les jeunes impressionnables peuvent être tentés de relever des défis comme ceux-ci pour se sentir acceptés et être populaires en ligne, ou tout simplement en raison de la pression de leurs camarades.

Si votre enfant utilise les médias sociaux, il est probable qu’il tombe sur un défi viral. Voici donc quelques pistes pour entamer la conversation :

  • A-t-il entendu parler des défis viraux sur les médias sociaux? Si c’est le cas, lesquels exactement?
  • A-t-il participé à l’un de ces défis (ou y a-t-il songé)? Qu’en est-il de ses amis?
  • Participerait-il à un défi en ligne si un ami lui demandait de le faire?
  • Quels types de défis accepterait-il ou refuserait-il de relever et pourquoi?

Aidez votre enfant à faire la différence entre une activité amusante et inoffensive, et un défi qui présente des dangers. Vous pouvez aussi établir des règles concernant l’utilisation d’Internet et des médias sociaux. Par exemple, indiquez à votre enfant de vous avertir s’il songe à participer à un défi en ligne.

En discutant régulièrement avec vos enfants, vous créerez un environnement dans lequel ils se sentent à l’aise de vous parler de ce qui se passe en ligne. Un tel lien de confiance est de plus en plus important dans notre monde hyperconnecté.

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